
April 10, 2026
Photo
Chloé Savard
April 10, 2026
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Chloé Savard

En juin dernier Chloé Savard, alias Tardibabe, posait les pieds pour la première fois sur le territoire de BESIDE Habitat, avec une cheville foulée, et l’intention de découvrir ce qui y vit. Avec son microscope dans son packsack, un attelle à la jambe et une lentille macro fixée à son téléphone, elle s’est lancée à la découverte du monde invisible qui vit près des étangs. Elle n’a pas tardé à trouver des araignées, des plantes carnivores et, à son plus grand bonheur, des tardigrades.
La microbiologiste ne se contente pas d’observer la nature, elle la scrute et se passionne pour les microorganismes qui peuplent nos environnements. Chaque échantillon pris dans un étang, chaque prise de vue d’une créature microscopique devient un moyen pour elle de documenter un univers invisible, mais fondamental. « Je veux que tout le monde voit ce que je vois. Pour moi, c'est pas normal que ce que je montre sous microscope soit si méconnu et suscite autant d’émoi », concède-elle.
ll n’y a pas si longtemps que Chloé Savard s’est initiée au microscope et elle admet que l’univers microscopique a bouleversé le regard qu’elle pose sur le monde. « Ça m’a littéralement changé, et en peu de temps. Jamais j’aurais pensé être aussi mindblown par ce qui nous entoure. C’est drôle parce que c’est omniprésent, mais très peu de gens semblent vraiment s’y intéresser », déplore-t-elle.
C’est justement pour donner à voir l’invisible et à rendre la science plus accessible qu’elle partage aujourd’hui ses découvertes à travers des vidéos empreintes de sensibilité. Avec ses montages, elle invite les gens à s’attarder à la complexité du monde vivant, mais surtout à sa beauté. « J’essaie juste de faire en sorte que les gens voient leur environnement et à quel point la vie sur Terre est incroyable. Parce que des fois, on l’oublie ça. On oublie que ce qu'on est en train de vivre, c'est un petit peu inexplicable puis quand même assez magique », dit Chloé.
Sa fascination pour la nature ne nait pas d’hier. Elle a grandi près de la forêt à Quinnville, entourée de crapauds, de mousse et de couleuvres. « C’est ancré en moi. Mais aujourd’hui, je m’y intéresse autrement: je veux créer avec elle et partager avec les autres tout ce que je découvre », explique-t-elle.
Ce que la jeune microbiologiste aime par-dessus tout, c’est de tomber sur un organisme qu’elle ne connait pas. Ces découvertes la poussent à chercher, à apprendre et à comprendre. Elle s’en remet alors à ses livres, aux articles scientifiques, aux encyclopédies ou à sa communauté de microscopistes sur les réseaux sociaux. «Au-delà d’identifier un organisme et de faire le montage vidéo, j’explique son rôle écologique et son histoire à partir de la littérature scientifique que je cite» explique-t-Chloé.
En alliant l’art, la science et la nature, elle nous invite à explorer ce qui nous entoure, à prêter attention à ce qui nous échappe, et à célébrer la beauté de l’invisible.
Et si son objectif était de faire en sorte que les gens ralentissent, s’attardent, et se reconnectent à ce qui les entoure, il semble qu’elle ait réussi avec plus d’un million de personnes qui la suivent aujourd’hui.
La deuxième saison de Créatures microscopiques est diffusée sur Savoir média et Télé-Québec. Découvrez aussi son travail sur instagram si ce n’est pas déjà fait.

NOUVEAU MAGAZINE nº17